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Landes

Saint-Sever, une ville née d'une abbaye

Neuf moments, de l'abbaye de 988 aux remparts démontés.

Saint-Sever est née d'une abbaye, posée à la fin du Xᵉ siècle au bord du plateau qui domine l'Adour. La ville s'est serrée autour d'elle, puis a débordé ses murs : deux enceintes, trois couvents et des hôtels particuliers en gardent la trace.

988 · La fondation

Avant la ville, un monastère.

L'abbaye sur la butte

En 988, le comte Guillaume Sanche de Gascogne fonde une abbaye bénédictine dédiée à saint Sever. Il ne la pose pas sur le promontoire de Morlanne, qui porte la résidence des comtes, mais sur une butte voisine. Sa charte lui donne un territoire qui s'étend « de l'Alphée qu'on appelle aujourd'hui Adour jusqu'au Gabas ». Autour du monastère et de la résidence ducale, qui vaut au lieu son titre de « Cap de Gascogne », un bourg se forme.

Vers 1060 · Le Beatus

Un manuscrit qui met Saint-Sever au centre du monde.

Le Beatus de Saint-Sever

Vers 1060, l'abbé Grégoire de Montaner fait enluminer à l'abbaye un commentaire de l'Apocalypse. Sa carte du monde donne à l'abbaye de Saint-Sever une place centrale, comme une nouvelle Jérusalem d'Occident. C'est sous le même abbé qu'aurait été décidée l'abbatiale aux sept absides échelonnées. Le manuscrit est conservé à la Bibliothèque nationale de France.

Vers 1100 · Les statuts

Le jour où le bourg devient une ville.

Des statuts et un rempart

Entre 1092 et 1106, l'abbé Suavius accorde des statuts aux habitants. Ils décrivent déjà une vraie ville et évoquent ses remparts : Saint-Sever se ferme d'une première enceinte autour de l'abbaye. Il n'en reste qu'un arc, celui de la porte du Touron, sans doute du XIIIᵉ siècle.

1280 · Les Jacobins

Des prêcheurs, mais hors les murs.

Les Dominicains à la porte

En 1280, trois frères dominicains sont envoyés à Saint-Sever pour y fonder un couvent. Les Bénédictins l'acceptent à condition qu'il reste hors les murs, dans le faubourg de la Guillerie. L'église et le cloître s'élèvent vers 1300 ; reconstruit au XVIIᵉ siècle, le couvent abrite depuis 1974 le musée de la ville.

1442 · La guerre de Cent Ans

Française pour de bon.

Saint-Sever devient française

Pendant les guerres de Guyenne et de Cent Ans, la ville subit de nombreuses attaques. En 1442, les troupes de Charles VII l'assaillent par le faubourg de la Guillerie : Saint-Sever rejoint définitivement le royaume de France.

1450 · La seconde enceinte

Les faubourgs ont grandi, il faut les défendre.

La seconde enceinte

En 1450, une lettre de Charles VII constate l'essor des faubourgs et autorise leur mise en défense. La même année, les jurats passent contrat avec des maçons. De cette seconde enceinte, percée de portes comme celle de la Guillerie, restent deux tours, dont celle de l'Hôtel de Bourrouilhan, une base d'échauguette place Louis-Fournier et des pans de murs épais d'un mètre et demi.

Hôtel de Bourrouilhan

1569 · Les guerres de Religion

La ville saccagée.

Le passage de Montgomery

En 1569, les troupes protestantes de Gabriel de Montgomery saccagent Saint-Sever. Trois ans plus tard, une enquête royale décrit l'abbaye comme « desmoli » et le couvent des Jacobins comme « ruiné ». En 1615, un procès-verbal sur l'état des murs compte encore trois tours et six portes.

XVIIᵉ siècle · Les couvents

Une ville de familles et de religieux.

Hôtels particuliers et nouveaux couvents

Dès le début du XVIᵉ siècle, des familles seigneuriales s'installent en ville et y bâtissent des hôtels particuliers. Au XVIIᵉ, les Ursulines et les Capucins fondent leurs couvents avec l'accord de l'abbaye. Les Capucins, autorisés en 1617 à s'établir près de la porte de la Guillerie, voisins de l'Hôtel de Bourrouilhan, verront leur couvent devenir l'hôpital de la ville en 1828.

1722-1809 · La ville s'ouvre

Les remparts ne servent plus.

Saint-Sever sort de ses murs

Au XVIIIᵉ siècle, les murailles perdent leur rôle : en 1722, le corps de ville accepte qu'on y perce des ouvertures, et l'aménagement de la place du Cap-du-Pouy, à partir de 1768, emporte deux portes. La Révolution démantèle les murs, dont les pierres sont réemployées, et un plan d'alignement des rues est adopté en 1809. La ville déborde alors vers ses faubourgs.

Sur place

Ce récit se marche

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Sources et mentions

Ce récit est rédigé à partir des fiches de monuments de la plateforme, des notices Mérimée du ministère de la Culture et du fonds documentaire transmis par la commune. Il est relu et validé par Saint-Sever avant publication, et corrigé dans la console dès qu'une erreur est signalée.

Les photographies sont celles des fiches de la commune, légendées une par une. Aucune image de cette page n'est une reconstitution.